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Les usines cellulaires de la couleur 

{ cultiver des bactéries pour produire des couleurs écologiques }
    Ce projet est celui d’une révolution écologique : fabriquer des couleurs renouvelables capables de supplanter les colorants pétrochimiques.

    Jusqu’ici, les humains avaient tout essayé : faire des couleurs avec des végétaux, des animaux, des minéraux et même des ressources fossiles comme le pétrole dont découle aujourd’hui la majorité des colorants (utilisés dans les textiles, les peintures, les encres) avec un bilan catastrophique en terme énergétique et très polluant pour les écosystèmes.
    En 2012, j’ai eu l’idée, avec le biologiste Thomas Landrain, de cultiver des bactéries pour extraire les couleurs qui se développaient autour d’elles. Une première phase d’exploration a consisté à expérimenter et perfectionner ce procédé en laboratoire et à partager à travers des ateliers la joie de collaborer avec des êtres microscopiques pour faire jaillir des couleurs. 
    Face à l’urgence de contrecarrer la production polluante des colorants actuels, la nécessité de porter cette solution de manière concrète et à grande échelle nous a poussé à créer une entreprise capable de mener à bien cette mission. La rencontre avec Jérémie Blache et Guillaume Boissonnat en 2015 a permis de lancer cette aventure scientifique, entrepreunariale et industrielle qui compte aujourd’hui une trentaine de scientifiques qui développent cette expertise en biotechnologie et en chimie verte. Le procédé est en phase d’industrialisation et les premiers colorants écologiques seront commercialisés courant 2022.





Workshop Pousse ton encre, 2016, Opéra Bastille (crédit photo : Joseph Gobin)

Premières sérigraphies avec une encre produite par PILI (Marie-Sarah Adenis, 2018)




    L’entreprise PILI développe une nouvelle génération de colorants écologiques basés sur la fermentation de microorganismes. Ces derniers transforment la matière de façon propre et efficace grâce à leurs enzymes (qui opèrent à température ambiante, sans solvants toxiques, le tout nécessitant beaucoup moins d’eau et d’énergie que la pétrochimie). C’est la fermentation qui leur permet de déconstruire des matières végétales renouvelables comme le sucre ou le bois pour les reconstruire en colorants. Ce procédé, au cœur de la révolution des biotechnologies, est paradoxalement assez ancien : nos ancêtres utilisaient déjà la fermentation, notamment pour fabriquer la bière.
    À l’orée du XXIème siècle, PILI se consacre à la création des premières usines cellulaires de la couleur en s’appuyant sur la biologie, la chimie et le design, en transposant le savoir-faire ancestral de la fermentation à la biologie moderne pour brasser la couleur à une échelle industrielle.



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Expositions



Broken Nature  |  Triennale de Milan, 2019










vidéo réalisée avec Paul Bonlarron



La fabrique du vivant  |  Centre Pompidou, 2019






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Explorations annexes


Teinture directe (les bactéries poussent directement sur le textile et créent ces patterns singuliers)



KIT de production d’encre à partir de culture de bactéries  /  Observatoire pour boîte de pétri


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Pour en savoir plus 
︎  www.pili.bio

L’entreprise PILI a été co-fondée en 2015 par : 
Marie-Sarah Adenis  |  directrice de la création 
Jérémie Blache  |  président 
Guillaume Boissonnat  |  directeur scientifique
Thomas Landrain  |  co-fondateur historique

L’équipe compte aujourd’hui une trentaine de scientifiques 
qui travaillent dans des laboratoires à Paris (CNAM), Toulouse (TWB) et Lyon.

Ce projet a levé plus de dix millions d’euros pour sa R&D, 
bénéficié de plusieurs plans de soutien (dont le Plan de relance gouvernemental 2020)
et s’apprête à industrialiser ses premiers pigments biosourcés.