🧬   rendez-vous au Centre Pompidou du 23 février au 25 avril 2022    🧬                                                              🪐   recherche assistant.e de génie   🪐                                                                 🚧   version anglaise en cours   🚧                                                                

Ce qui tient à un fil

{ la molécule d’ADN comme fil conducteur d’un nouveau récit commun pour les vivants }

“Lorsqu’on tire un seul fil de la nature,
on découvre qu’il est attaché au reste du monde” 

John Muir



        Ce qui tient à un fil propose un nouveau récit des origines à partir de la molécule d’ADN pour retisser la trame d’une narration intime dont les vivants sont les héritiers perpétuels. Fil rouge de la vie, mais aussi fil conducteur d’une odyssée partagée, l’ADN régente nos vies et trace les parentés oubliées. Il donne la vie, informe les corps et préside aux métamorphoses. Il nous écrit de l’intérieur, lettre par lettre et nous prononce sous forme d’os et de chair. Poissons, humains, virus, oiseaux, arbres ou bactéries en sont de multiples variations depuis un thème originel dont la mélodie s’inscrit dans nos hélices communes. Tout y est mutations, ramifications, bifurcations. L’ADN entrelace parfois ses hélices à d’autres et invente l’endosymbiose1, brassage génétique absolu. Gesticulant inlassablement au fond de nos cellules, la molécule d’ADN nous conduit de fil en aiguille jusqu’à l’émergence du vivant, il y a près de 4 milliards d’années.

        Si la vie tient à ce fil, les vivants eux ne tiennent plus qu’à un fil. La crise profonde qui décime actuellement les espèces nous engage à repenser notre manière de cohabiter le monde. D’autres sociétés, elles, ne font pas de clivage entre humains et non humains. La continuité entre les êtres s’établit par des interfaces multiples qui permettent d’invoquer l’invisible et de maintenir des équilibres millénaires. Pour infléchir notre manière d’être au monde, il nous faut explorer des représentations alternatives rafraîchissant “l’ossature du réel”2. L’ADN contient justement de futurs récits unificateurs fascinants qu’il suffit de révéler pour féconder nos imaginaires et raviver un langage polyphonique fait de mille éclats des vies passées. Pour faire parler l’ADN, il faut ruser, apprivoiser l’hélice capricieuse qui se tord et s’ouvre ponctuellement, se livre et se referme avant d’avoir tout dit.

        Ce qui tient à un fil prend ici la forme d’une promenade dans une forêt et un jardin, deux typologies d’espaces souvent associés à l’enchantement et aux origines. Le jardin d’Éden devient jardin de l’ADN. On y accède par la forêt chromosomique, après avoir dépassé le bassin des ancêtres et traversé la fente magique. S’y dévoile une écologie troublante incarnée par des entités métaphoriques, comme un grand théâtre de l’invisible où se bousculent des allégories de l’ADN : génie de la bobine, êtres de lettres, cortèges microscopiques, bifaces évolutifs et bien d’autres créatures fantasmagoriques peuplent le jardin des hélices. Ces tête-à-tête inattendus dévoilent les prémices d’une cosmogonie où les sciences et les mythes s’entremêlent pour faire entendre le chant puissant de la double hélice d’ADN, infiniment bipolaire, archaïque et contemporaine, qui se déplie, se plie et se plaît à faire éclore les phylogénies, ces histoires communes dont nous avons tant besoin aujourd’hui.

  Lynn Margulis, microbiologiste du XXème siècle
2  Philippe Descola, anthropologue 


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Exposition

Ce qui tient à un fil a été exposé au Palais de Tokyo  [ 25.11 - 05.12.21 ]
dans le cadre des AudiTalents dont le projet est lauréat
commissaire d’exposition : Gaël Charbau


Vue de l’exposition (photo Thomas Lane)


Colonnes chromosomiques (photo Thomas Lane)


Cerceau mitochondrial (photo Cécile Rosenstrauch)
Bassin des ancêtres (photo Marie-Sarah Adenis)
Bassin des ancêtres (réalisation Karen Swami, photo Marie-Sarah Adenis)


Fente magique (photo Thomas Lane)

Jardin des hélices (photo Marie-Sarah Adenis)
Jardin des hélices (photo Thomas Lane)
Masques virus (photo Thomas Lane)
Masques virus (photo Marie-Sarah Adenis)
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Le Jardin des hélices

Film en réalité virtuelle, 17 min
Animation en réalité virtuelle : Raphaël Kuntz
Créations sonores : Quentin Caille et Colin Johnco  


Aperçu de l’exposition (vidéo AudiTalents)




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Projet lauréat des AudiTalents 2020
- programme de soutien à la création émergente -

En collaboration avec
Marie Truffier, Daniel Cadot et Léo Dumont-Deslaurier  |  assistants projet
Raphaël Kuntz  |  modeleur et animateur réalité virtuelle
Quentin Caille et Colin Johnco  |  compositeurs
Piotr Widelka  |  designer
Karen Swami   |  céramiste
Eric Chabellard  |  tourneur
Thomas Bonnotte  |  fondeur

Gaël Charbau  |  commissaire d’exposition
Aurélie Baron   |   chargée de production AudiTalents

Un grand merci à
Emile Kirsch et Jérémie Blache